Perdu en forêt

Rédaction de Tancrède, élève en 5ème

 

Depuis quatre ans, je rêve de partir à  l’aventure dans la forêt où, m’a-t-on dit, il y a des hommes plus que centenaires. Mais je suis assez grand pour ne plus croire à ces enfantillages. Je trouve tout de même qu’il y a un mystère dans ce monde végétal…

Je suis parti à six heures. La  brume venait de remonter vers le ciel quand je me suis enfoncé  dans les bois mystérieux. Les chemins sinueux me tentaient autant les uns que les autres. Je me suis aventuré sur le plus étroit. Il m’emmenait au Nord. Mais il ne fut pas bien long. Au bout d’un moment, je marchais dans les fougères, perdu dans cet océan de verdure. Tout à coup une branche multicolore remua, quel étrange phénomène cela pouvait-il être ? J’attrapai un caillou et le lançai sur cette branche :     

-« Aie !» 

Je crus perdre mes esprits : en m’approchant, j’aperçus un coq de bruyère entrelacé entre deux branches.

Il discutait tout seul :

-« Comment as-tu fait pour te coincer là-dedans ? Même une poule de ferme n’aurait pas réussi.

En me voyant, il se tut et il commença à coqueriqueter d’un air innocent.

Je lui demandai :

-« Puis-je vous aider ? 

-Avec  grand plaisir. » me répondit-il. Il ferma son bec d’un coup sec.

-«Par hasard, Monsieur, parleriez-vous ? » Il me regarda et recommença son chant innocent. Il voulait me le cacher mais… il parlait ! Je l’aidai à se dégager des branches. En reposant « les pattes à terre », il finit par me dire :

-« Depuis cent ans, nous ne parlons plus aux humains car ce sont eux qui, il y a un siècle, ont massacré notre si belle forêt,  avec de gros engins en fer qui crachaient le métal et soufflaient le feu.

Aujourd’hui nous imitons ces monstres pour éloigner de notre territoire leurs descendants. » 

Tout s’expliquait ! Pour rester vivants, ils nous font fuir en imitant les soldats,  sans dévoiler leur langue. Mais, au milieu de cette joie il me revint à l’esprit que j’étais perdu. Je demandai le chemin à mon ami qui déploya ses ailes  et s’envola gracieusement. Ce spectacle était splendide, les reflets de ses ailes brillaient sous la lumière scintillante.

Il me ramena chez moi, la nuit était tombée, le froid glacial envahissait la forêt. Je le remerciai, puis il disparut dans le monde lugubre et endormi.